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Découvrant Niort, j'ai été immédiatement attirée par la présence de l'eau et des éléments qui viennent s'y mêler. La lumière joue sur le feuillage, créant de la matière visuelle. J'ai souhaité capter les impressions changeantes du paysages, à la manière des impressionnistes. Dans ces espaces, l'eau semble à la fois tranquille et révèle de subtiles jeux de lumière sur sa surface polie par l'immobilité.
Les paysages reflétés se troublent au moindre mouvement. Et tous ces éléments introduisent dans le paysage quelque chose comme une respiration, un frémissement. Le désir de retranscrire l'émotion ressentie devant les choses et la manifestation de leur vibration dans le temps s'est ancré dans mon projet.
La découverte du marais poitevin a donné lieu à deux travaux complémentaires : une vidéo et une série d'images en noir et blanc. La vidéo a été réalisée a partir d'un montage de photographies stéréoscopiques. On se trouve plongés dans le marais que l'on traverse sans s'en apercevoir au premier coup d'oeil, et dont les images laissent percevoir une certaine profondeur. Cette vidéo tente de rendre compte de l'impression d'apaisement mais aussi de trouble qui se dégage de ce lieu quasi labyrinthique.
Par ailleurs, le paysage particulier du marais se constitue de nombreuses couches d'images, démultipliées par la profondeur de l'eau et le phénomène de réflexion. J'ai essayé de trouver, par le biais du tirage argentique, un procédé qui me permettrait de rendre compte de cette dimension, en utilisant les éléments constituant le paysage : la lumière bien sûr, celle présente dans l'espace et celle que je crée par ajout de matière, mais aussi les superpositions d'images.
De ces quelques jours a découlé une joie immense et rare : celle de bénéficier d'un espace de découverte et d'expérimentation, dans lequel il est possible de travailler en pleine confiance et sincérité.